NOUVEL ALBUM // IN THE STREET

Date de SORTIE 21 SEPTEMBRE 2018

IN THE STREET

Qu’est-ce qu’être musicien de jazz ? Quand le devient-on ? Chez Laurent Fickelson, cette vocation a été tardive, bien plus que chez les générations plus jeunes ou, entre écoles de musique et conservatoires, l’apprentissage du jazz se fait désormais dans un certain académisme. Le jazz, Fickelson l’a croisé sur sa route à 22 ans, sous la forme de deux disques, l’un de John Coltrane, l’autre du Second Quintet de Miles Davis, qui ont changé sa vie. L’adolescent qui se rêvait en rockeur, l’enfant violoniste qui fréquentait la salle Pleyel, ont cédé la place à cette musique et à son énergie vitale, son urgence et sa liberté d’expression. Le jazz est devenu une vie. La sienne. Avec ses rencontres, ses camaraderies, ses initiations, ses failles et ses illuminations. Loin des livres et des méthodes, dans le vif des clubs et des studios.

De Simon Goubert à Philippe Soirat, il s’est trouvé des frères de musique, qui l’ont accompagné dans son apprentissage. Il a absorbé la mythologie du jazz de ceux qui l’avaient vécu. Sa route a croisé quelques géants — Steve Grossman, Yusef Lateef… — qui l’ont emmené un peu plus haut, un peu plus loin, dans l’expérience — celle qui s’écrit en se jouant. On sait qu’il fut un compagnon de route fidèle des frères Belmondo, engagé, de l’Afrique à l’Hymne au Soleil, dans nombre de leurs projets. John Coltrane et Duke Ellington sont ses deux héros, dit-il, et ils sont bien là tous deux, en bonne place dans ce disque (même si c’est par l’entremise de son alter ego Strayhorn que le Duke vous salue bien), mais l’on entendra aussi dans le jeu du pianiste tout ce que son inspiration doit à ses racines classiques, sinon romantiques. Deux autres figures tutélaires, Joe Henderson et Wayne Shorter, s’immiscent dans son album, l’un en dédicataire, l’autre en compositeur, l’un et l’autre solistes imprédictibles, magiciens de l’harmonie échappant à toutes les écoles — autrement dit, des modèles. Thelonious Monk s’y fait une place aussi, ange de l’étrange auquel Fickelson reprend, en solo, sa composition la plus fameuse devenue l’hymne officieux de ces oiseaux nocturnes que sont les jazzmen. Par quel miracle un thème aussi joué continue-t-il à nous émouvoir ? Parce qu’il se charge soudain de tout ce qu’est celui qui le reprend à son compte. De cette inspiration qui donne à une phrase sa vigueur, à un accent sa nécessité, à un accord sa profondeur, au swing son évidence. Cela ne s’invente pas, cela se constitue, dans le geste répété, par la pratique et l’écoute, de soi-même et des autres. A l’heure où tant de disques se réfèrent à un concept ou cherchent leur story-telling, « In the Street » n’en a aucun. Il ne se ment pas, il n’en a pas besoin, pas plus qu’en leur temps n’en avaient besoin ceux dont Laurent Fickelson conserve la mémoire… Si la musique est une carrière, le jazz ne vaut que d’être vécu. – Vincent Bessières

MUSICIENS

LAURENT FICKELSON – PIANO  // THOMAS BRAMERIE – CONTREBASSE //  ERIC PROST – SAXOPHONE // PHILIPPE SOIRAT – BATTERIE

Concerts à venir

24 Oct 2018 Laurent FICKELSON Quartet // Sunset-Sunside-PARIS Concert de Sortie